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Abdoul Kéré alias Le Général Tchoutchoubatchou, humoriste et web comédien burkinabè « Il y a des règles à respecter dans la Web comédie comme dans le cinéma »

La Web comédie est cette nouvelle tendance qui allie humour et Web. Elle s’est développée grâce aux réseaux sociaux qui constituent un support idéal pour faire passer ces vidéos drôles et parfois sensibilisatrices. Au Burkina Faso, la tendance est également au rendez-vous et des jeunes se lancent peu à peu dans cette aventure. Le Général Tchoutchoubatchou, de son vrai nom Abdoul Kéré fait parti de ces jeunes burkinabè qui ont été piqué par la Web comédie. Avec plus de 340.000 abonnés sur Facebook et 141.000 sur Youtube, il est le web comédien burkinabè le mieux suivi dans le pays. Il a bien voulu nous parler de son aventure dans la web comédie dans cet entretien ; suivez !

TIC MAGAZINE BF (TM) : Bonjour, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs

Général Tchoutchoubatchou (GT): Bonjour. Je me nomme Kéré Abdoul, le Général Tchoutchoubatchou, humoriste comédien burkinabè. J’ai une Licence en Géographie et Communicateur de formation.

T.M : Vous êtes Web comédien, est-ce pour vous un métier ou une passion ?

G.T : Au départ, c’était une passion mais aujourd’hui c’est un métier pour moi.

T.M : Quand a commencé l’aventure concrètement pour vous ?

G.T : En 2017 sur le Web. Mais depuis tout petit, j’aimais la comédie. De retour d’Abidjan en 2015 pour poursuivre mes études ici, j’aimais écrire beaucoup des histoires drôles. Deux ans après c’est-à-dire en 2017 je me suis dis pourquoi ne peut pas réaliser ses histoires.

T.M : Quels sont les thèmes que vous abordez dans vos vidéos ?

G.T : Nous ne sommes pas limités en termes de sujets. Nous nous inspirons de l’actualité pour réaliser nos vidéos. Par exemple, nous avons fait des vidéos sur le sujet du Corona Virus lorsque le virus avait été détecté ici chez nous. Cependant, nous mettons beaucoup plus l’accent sur l’infidélité. D’ailleurs, à ce propos, nous avons une série de vidéos sur ce sujet actuellement : le couple confiné.

T.M : Vous avez dit que la Web comédie est un métier pour vous à présent, comment faîtes-vous pour en tirer des revenus ?

G.T : Au départ, c’était une passion et je le faisais sans rien attendre en retour. Aujourd’hui j’arrive à me faire de l’argent avec les vidéos. D’abord, j’ai une chaîne Youtube et grâce à la monétisation sur cette plateforme, on a des revenus à la fin du mois. Et cela grâce aux pauses publicitaires sur les vidéos. J’ai également une page Facebook et je suis beaucoup sollicité pour des contrats publicitaires, des partenariats…

T.M : Dans vos vidéos, il y a d’autres acteurs, comment ça se passe avec ces derniers ?

G.T : Nous sommes une équipe mais je m’arrange à ne pas prendre beaucoup de temps aux acteurs puisqu’ils ont également des activités en dehors de jouer dans les vidéos. Et pour cela, c’est pendant leur temps libre, donc généralement les dimanches, que nous tournons les séquences vidéo. Mais lorsqu’il y a une urgence, par exemple un contrat de publicité, je leur fait appel pour le réaliser.

T.M : Existe-t-il des techniques bien précises pour la Web comédie ?

G.T : Il y a des règles à respecter dans la Web comédie comme dans le cinéma. Il ne suffit pas de filmer avec son téléphone et de poster sur les réseaux sociaux. Ce qu’il faut tout d’abord, c’est de trouver des sujets accrocheurs, qui vont plaire aux internautes. Ensuite, écrire un scénario à travers ces sujets et enfin le remettre aux personnes concernées (les acteurs) qui doivent s’approprier le texte, le scénario. La Web comédie c’est tout comme le cinéma, nous avons une équipe technique (un cadreur, un perchman, un monteur…).

T.M : Combien de temps peut prendre la réalisation d’une vidéo ?

G.T : Tout dépend de l’organisation. Au début, comme je le faisais par passion, sans aucun revenu en retour, il m’arrivait de poursuivre des personnes pendant une à deux semaines pour que ma vidéo soit montée. J’ai actuellement un producteur que j’ai rencontré en 2018 et nous avons une bonne organisation. Nous publions 3 vidéos par semaine et pour cela nous nous organisons à avoir ces vidéos. Nous avons également d’autres en stock pour ne pas manquer un jour de publication. Mais il peut arriver qu’on tourne une vidéo et la monter le même jour pour pouvoir la publier le lendemain. Tout dépend du sujet.

T.M : Quels conseils pouvez-vous donner à un jeune qui veut se lancer dans la Web comédie ?

G.T : Je dirai la persévérance et aussi la passion. Il faut être vraiment passionné pour ne pas abandonner dans les débuts. Si une personne se lance dans la Web comédie pour de l’argent, il risque d’abandonner en cours de chemin. Au début, il faut de la persévérance et de la passion.

T.M : Lorsque vous mesurez votre audience, est-ce que les abonnés burkinabè sont-ils nombreux à vous suivre ?

G.T : Sur Youtube, à travers les statistiques, le Burkina Faso vient en 3ème position. Le pays en tête est la France suivi de la Côte d’Ivoire et enfin du Burkina Faso. Peut-être sur la page Facebook, les burkinabè peuvent dominer mais sur Youtube non.

T.M : Et comment peut-on expliquer cette situation ?

G.T : Je pense peut-être que Youtube est beaucoup plus développé dans les pays comme la France et en Europe en général qu’au Burkina Faso. Dans ces pays, YouTube fait parti du quotidien des populations. Il m’arrive de poster mes vidéos et automatiquement je reçois des commentaires, c’est pour dire que là-bas, ils sont régulièrement connectés sur Youtube. Tandis que les burkinabè sont beaucoup plus sur Facebook.

T.M : Et quelles techniques de communication mettez-vous en place pour attirer plus d’abonnés burkinabè sur Youtube ?

G.T : Comme je le disais tantôt, je publie 3 vidéos par semaine. Alors ce que je fais, c’est que je publie deux vidéos sur Facebook et une vidéo exclusivement sur Youtube. Ensuite je copie le lien pour le mettre sur ma page Facebook pour amener les abonnés burkinabè à aller sur Youtube pour voir la vidéo. Je crois qu’en procédant ainsi, ils vont s’habituer peu à peu à aller sur Youtube.

T.M : Quelles sont vos perspectives ?

G.T : Il faut dire que la pandémie a chamboulé notre agenda. Sinon, en tant qu’humoriste, on prévoyait des spectacles et aussi des vidéos long-métrages. On avait également un voyage de prévu mais qui a été annulé en raison de l’épidémie.

T.M : Quel sera votre mot de fin ?

G.T : Je remercie votre magazine pour l’intérêt porté en ma personne. Ça fait toujours plaisir quand on porte un intérêt à ce que l’on fait et c’est quelque chose qui manque au Burkina Faso.

TIC MAGAZINE BF

 

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1 commentaire

Lokéto 31 juillet 2020 at 20 h 53 min

C’est intéressant les proportions que prend la web comédie dans notre pays. on assiste aujourd’hui à la naissance d’un site internet nommé Laclar (laclar.com) capable de rémunérer les artistes en fonction des vues. c’est super

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