Les autoroutes de l’information

Les télécommunications, étymologiquement, se définissent comme l’échange d’informations à distance. Ces informations sont transmises d’un point A à un point B sous forme de signaux. Pour que les signaux c’est-à-dire l’information se déplace du point A où est l’émetteur au point B où est le destinataire, un support de propagation est nécessaire. Les supports filaires sont aussi multiples que variés. D’une part, nous avons les supports filaires métalliques constitués par des supports tels que les câbles en cuivre ; D’autre part, il y a les supports filaires non métalliques tels que la fibre optique. Par ailleurs, des systèmes de transmission sans fil existent ; c’est le cas notamment des télécommunications par satellites, faisceaux hertziens…

De tous les supports utilisés en télécommunications, la fibre optique est de loin celui qui offre le plus de bande passante ; c’est-à-dire qu’elle permet l’envoie simultanée d’une grande quantité de données et à fort débit. Ce qui lui vaut le qualificatif d’ «autoroute de l’information ». Ces données peuvent être de la vidéo, du son ou du texte.
Le Burkina, à l’instar d’autres pays africains, a commencé il y a bien des années déjà se doter d’un réseau national de fibre optique puis à mettre en œuvre des projets d’interconnexion avec d’autres pays. Les travaux de pose de fibre optique les plus récents au Burkina remontent à Octobre 2016 ; Il s’agit plus précisément de la liaison Ouagadougou-Paga-Frontière du Ghana-la bretelle Manga-Bagré Pôle longue de plus de 300Km, assurée par l’entreprise Huawei. Encore plus récent, des travaux de construction de réseaux métropolitains de fibre optique ont été lancés le 22 Avril dernier à Bobo Dioulasso. Financé par l‘Etat burkinabè et la coopération danoise et réalisé par Nokia, le déploiement de 420 Km de fibre dans les 13 régions est prévu, en plus de 650 Km pour l’interconnexion de certaines villes telles que Ouagadougou-Yako-Ouahigouya-Tougan-Dédougou-Ouarkoye-Bobo Dioulasso-Bagré-Bakwu (frontière du Ghana). Ces réalisations entrent dans le cadre du projet G-cloud.

Si la fibre optique est très utilisée eu égard à sa bande passante considérable, force est de noter cependant qu’il ne s’agit pas du seul atout de la fibre.

En plus de sa capacité à envoyer beaucoup de données simultanément, la fibre permet d’atteindre de longues distances (une centaine de Km sans amplificateurs). Les supports en cuivre par contre, imposent d’avoir assez d’amplificateurs le long de la liaison. La taille réduite et le faible poids de la fibre font aussi partie des avantages qu’elle présente. En termes de coût, la fibre a un rapport prix/performance fort appréciable. Au nombre des avantages de l’utilisation de la fibre s’ajoute l’immunité électromagnétique c’est-à-dire que la fibre est insensible aux perturbations électromagnétiques qui peuvent exister dans le milieu où la fibre est utilisée. Cela s’explique par le fait qu’à l’intérieur de la fibre, l’information est transportée par sous forme de lumière. Enfin, faire transiter les données par la fibre assure d’éviter qu’elles ne soient captées par une personne autre que le destinataire. C’est une des grandes différences avec les systèmes utilisant les ondes radios, où les données peuvent être interceptées par un pirate ; Mais là encore, faut-il que le pirate ait la clé pour décrypter l’information transmise. Dans le cas de la fibre, les données sont guidées depuis l’émetteur jusqu’au récepteur en toute sécurité.

En arrivant à achever la réalisation de son backbone national de fibre optique, le Burkina fera, à n’en douter, un bond significatif dans son évolution technologique.

Alfred Bewindin SAWADOGO

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