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RDC: comment le gouvernement a privé sa population d’internet

En République démocratique du Congo (RDC), la population n’a toujours pas accès au web et aux réseaux sociaux, près d’une vingtaine de jours après les élections générales et la coupure de l’internet mobile. Comment le gouvernement fait-il pour soumettre les opérateurs à un tel « shutdown » numérique ?

Il y a toujours des messages d’erreur sur les smartphones congolais… vingt jours après les élections générales en République démocratique du Congo, le 30 décembre dernier, l’internet, l’internet mobile et les SMS sont toujours bloqués dans l’ensemble du pays.

Le 24 décembre 2018, au lendemain de la date initiale des élections générales, l’Autorité de régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC) contacte ce jour-là les quatre opérateurs mobiles congolais. Par courrier, il leur demande de restreindre l’accès aux « vidéos et images sur les réseaux sociaux Facebook, WhatsApp, Viber, YouTube, Twitter ». Un document que RFI a pu se procurer.

Dans les faits, seuls les SMS ont été coupés à cette date, témoigne Blaise Ndola, blogueur congolais. La coupure des réseaux sociaux, elle, n’a eu lieu que le 31 décembre – « vers midi », indique Jean K.*, un professionnel du réseau basé à Kinshasa que nous avons décidé d’anonymiser – soit au lendemain de la date effective des élections, repoussées d’une semaine par la Commission électorale (Céni). Le gouvernement « s’est très vite rendu compte que ce n’était pas jouable », analyse Franck M.*, chercheur français en réseau informatique qui a également souhaité garder l’anonymat.

Le 31 décembre, la Société congolaise des postes et télécommunications (SCPT), établissement public qui gère la seule fibre sous-marine qui raccorde le pays à internet (appelée WACS pour West Africa Cable System), a coupé l’accès internet à certains fournisseurs d’accès (FAI) pour leur mettre la pression.

Néanmoins, les fournisseurs d’accès à internet, eux, ont poursuivi la coupure de l’internet mobile pour l’ensemble de la population. Or, celui-ci concerne pas moins de 80% du trafic dans le pays, selon des études croisées de l’Union internationale des télécommunications (UIT), de la GSM Association (GSMA) et d’autres organismes de recherche.

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