Avec des ordinateurs, on pourrait tellement mieux faire

Je me souviens, il y a moins d’une dizaine d’années de cela, j’étais encore au lycée; Nos devoirs et examens étaient dactylographiés. Je dis bien dactylographiés, c’est-à-dire rédigés à l’aide de la machine à écrire que certaines personnes pensaient avoir disparu, mais qui était pourtant encore utilisée à l’époque dans le lycée où j’étudiais. Quelques années après, j’espère que les choses ont changé…et que l’administration du lycée a pu s’arrimer au train de la modernité…

Nos devoirs et examens étaient alors dactylographiés. Les résultats se devinent aisément : il y a des polycopies où l’écriture n’était que peu visible ; Ce qui fait qu’à certains devoirs, le professeur concerné était obligé de venir en salle de classe pour aider les élèves à déchiffrer ce qui était écrit puis à épeler les mots qu’on avait du mal à lire sur la polycopie. Pour les devoirs de mathématiques, la tâche était encore plus difficile. Il fallait écrire les formules à la main puis photocopier le tout vu que la machine ne supportait pas les caractères particuliers tels que alpha, beta , … Dans ce lycée public, nos devoirs s’en trouvaient être dactylographiés pour la seule et simple raison qu’il n’y avait pas d’ordinateurs ou du moins d’ordinateurs fonctionnels pour saisir (et imprimer plus tard) les devoirs. Je précise ordinateur fonctionnel car une fois j’ai sollicité un ordinateur pour animer un exposé d’anglais sur le thème « Computer ». Il se trouvait qu’il y avait un ordinateur, mais comme par malchance, ce dernier ne démarrait pas. Aujourd’hui, j’espère de tout cœur que les choses ont plus évolué…

Si j’évoque ces anecdotes, ce n’est point par nostalgie, mais c’est pour nous rappeler combien est criard le manque en matériels informatiques de nombre de nos administrations. Deux raisons plausibles peuvent expliquer le manque d’ordinateurs fonctionnels pour saisir nos devoirs au lycée : premièrement, il s’agissait d’un établissement public. Le constat qui s’impose c’est qu’habituellement le privé est plus regardant que le public sur bien de points. La preuve en est que dans la même ville, non loin de là où j’habitais, il y avait un collège privé ; Là-bas, par exemple, il n’était pas question de dactylographier les devoirs. Deuxièmement, ledit lycée se trouvait en province. Or nous sommes tous conscients, qu’au Burkina comme dans beaucoup d’autres pays, plus on s’éloigne dans grands centres urbains, plus il est difficile d’accéder à certaines facilités.

Cet article n’a pas pour objectif de jeter des pierres sur les autorités publiques. Loin de là ! L’Etat est aux prises avec moult difficultés ; les priorités sont multiples et diverses. Mais dans un contexte où l’ordinateur est un outil de travail nécessaire et performant, les autorités burkinabè gagneraient à doter les différentes administrations en matériels informatiques adéquats. Il y va de l’efficacité de ces administrations ainsi que de la qualité des services rendus.

Il est indéniable que les prix des matériels informatiques sont tels que l’Etat ne pourrait être en mesure d’équiper toutes les administrations du jour au lendemain. Je plaide plutôt pour un véritable plan national pour l’équipement en matériels informatiques des différentes administrations. C’est un programme qui pourrait aller sur 10-15 ans ou plus, mais toujours est-il que dans l’ère des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) dans laquelle nous sommes, un tel programme est indispensable pour notre pays. Les dons d’ordinateurs que font sporadiquement certains pays à l’endroit du Burkina dans le cadre de coopérations bilatérales sont peut-être à saluer ; mais ils constitueraient le dernier moyen par lequel nous arriverons à équiper toutes nos administrations en matériels informatiques. Un plan doit être mûrement pensé, diligemment tracé et impérativement mis en place pour équiper l’administration burkinabè qui, faut-il le rappeler, est le bras opérationnel de l’Etat.

Par ailleurs, parallèlement à l’acquisition de matériels informatiques, il s’avère urgent d’initier de plus en plus les populations burkinabè à l’informatique. On gagnerait à intensifier et rendre plus accessibles les formations en bureautique (Word, Excel, Powerpoint,…) sans oublier la création des boîtes mail; Toute chose qui devrait permettre aux citoyens burkinabè de maitriser les B.A-BA de l’informatique, de s’informer et d’interagir avec les citoyens des autres parties du globe. Déjà, l’Etat pourrait par exemple s’assurer qu’aucun élève ne finisse le collège sans avoir reçu des cours d’initiation à l’informatique. Les sessions d’initiation grand public donneront, quant à elles, l’occasion à ceux qui ne sont pas dans le système éducatif d’avoir quelques bases dans la manipulation de l’outil informatique. Ainsi, on réduirait considérablement le taux de burkinabè en marge du monde des TIC.

Alfred Bewindin SAWADOGO ([email protected])
Ingénieur d’Etat en Télécommunications

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