26.3 C
Ouagadougou
30 juin 2026
DécryptageIA & TechTech Afrique

Stratégies nationales d’IA en Afrique : où en sont les pays ?

ai strategy

De plus en plus d’États africains se dotent d’une feuille de route pour l’intelligence artificielle. En quelques années, la question est passée des cercles d’experts aux conseils des ministres. Tour d’horizon des stratégies nationales en place et de leurs priorités.

Un cadre continental

En juillet 2024, l’Union africaine a adopté une Stratégie continentale sur l’intelligence artificielle pour guider ses 55 États membres. Le texte fixe cinq priorités : tirer parti des bénéfices de l’IA, renforcer les capacités, réduire les risques, attirer les investissements et organiser la coopération. La souveraineté numérique y tient une place centrale, et l’ensemble s’inscrit dans l’Agenda 2063. Un rapport de la Banque africaine de développement chiffre l’enjeu : l’IA pourrait ajouter près de 1 000 milliards de dollars au PIB du continent d’ici 2035, selon une feuille de route en trois phases qui court jusqu’à cette échéance.

Les pionniers : Kenya et Égypte

Le Kenya a lancé sa stratégie nationale d’IA 2025-2030 en mars 2025, avec une enveloppe d’environ 1,1 milliard de dollars sur cinq ans. Elle vise trois secteurs prioritaires, la santé, l’agriculture et l’éducation, et prévoit des infrastructures lourdes, dont un supercalculateur et un système national de partage de données.

L’Égypte a présenté en janvier 2025 la deuxième version de sa stratégie (2025-2030). Le pays veut soutenir 250 startups spécialisées, former des dizaines de milliers d’experts et augmenter la part du numérique dans son PIB. Il prépare une loi sur l’IA fondée sur le niveau de risque et un centre dédié à une IA responsable. Son ambition affichée : devenir un pôle de référence pour le monde arabe et l’Afrique.

L’Afrique francophone se positionne

La Côte d’Ivoire a adopté en mars 2025 sa Stratégie nationale de l’IA et de la gouvernance des données, soutenue par 80 millions de dollars de la Banque africaine de développement. Elle repose sur trois axes, l’investissement, l’inclusion et la gouvernance, et prévoit un comité national de suivi ainsi qu’un label « IA sûre » pour certifier les projets. Abidjan revendique un rôle de hub régional.

Le Cameroun a dévoilé sa stratégie en juillet 2025, avec l’objectif de devenir le principal pôle d’Afrique centrale à l’horizon 2040. Le Sénégal, de son côté, a fait de la valorisation des langues nationales un axe explicite de sa politique d’IA, un choix que nous détaillons dans notre article sur les langues africaines et l’IA.

Des priorités communes, des limites communes

D’un pays à l’autre, les mêmes thèmes reviennent : santé, agriculture, éducation, gouvernance des données. La régulation suit le mouvement, puisque la plupart des États africains disposent désormais d’une loi sur la protection des données, et un nombre croissant d’autorités encadrent les usages sensibles.

Les obstacles aussi se ressemblent. Une stratégie ne vaut que par son exécution, et le financement durable, les infrastructures de calcul et la formation des talents restent les maillons faibles. L’écart se creuse déjà entre quelques pays avancés, l’Afrique du Sud en tête pour l’adoption de l’IA générative, et le reste du continent.

Le mouvement est lancé et s’accélère. Reste à transformer ces feuilles de route en projets concrets. Pour replacer ces stratégies dans le tableau d’ensemble, voir notre guide sur l’intelligence artificielle en Afrique et notre analyse de la volonté africaine de bâtir des modèles d’IA souverains.

ARTICLES SIMILAIRES

Laisser un Commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient. Accepter En savoir plus