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Les monnaies numériques de banque centrale en Afrique : où en est-on ?

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Après le mobile money, une autre forme d’argent numérique attire l’attention des banques centrales africaines : la monnaie numérique de banque centrale, ou MNBC. Le Nigeria a ouvert la voie en 2021 avec l’eNaira. Depuis, plusieurs banques centrales étudient le sujet, et quelques-unes l’ont testé. L’idée reste pourtant débattue.

Une monnaie d’un nouveau genre

Il faut d’abord la distinguer des outils qui existent déjà. Une MNBC est émise et garantie par la banque centrale elle-même, comme les billets. Elle se sépare ainsi de la cryptomonnaie, sans émetteur central, et du mobile money, qui repose sur des opérateurs privés convertissant une monnaie déjà existante. C’est une version numérique officielle de la monnaie nationale, adossée directement à l’autorité monétaire.

L’eNaira, pionnière et leçon

Le Nigeria a lancé l’eNaira en octobre 2021, l’une des premières MNBC au monde. L’ambition était large : étendre l’inclusion financière, réduire le coût du cash et fluidifier les paiements. Dans les faits, l’adoption est restée modeste. Beaucoup de Nigérians ont continué à préférer le mobile money et les solutions déjà en place. Cet écart entre l’ambition et l’usage constitue la première leçon africaine en matière de MNBC, comme le rappelle notre article sur le lancement de l’eNaira.

D’autres pays à l’étude

Le Nigeria n’est pas seul. La Banque du Ghana a testé un e-cedi. L’Afrique du Sud a exploré la piste, notamment pour les paiements de gros et les transferts transfrontaliers. Dans l’espace UEMOA et ailleurs, plusieurs banques centrales suivent le dossier de près, sans s’être encore engagées. La prudence domine : personne ne veut répéter une introduction coûteuse pour une adoption faible.

Promesses et limites

Les arguments en faveur des MNBC sont réels. Une monnaie numérique publique peut réduire la dépendance au cash, faciliter les versements de l’État et offrir une alternative souveraine face aux cryptomonnaies privées et aux stablecoins. Les obstacles comptent tout autant. L’adoption suppose des téléphones, de la connectivité et de la confiance. La MNBC risque de concurrencer les dépôts bancaires, ce qui inquiète le secteur. Et surtout, là où le mobile money fonctionne déjà bien, sa valeur ajoutée reste à démontrer.

La MNBC reste un chantier ouvert pour les banques centrales africaines. La vraie question est simple : quel problème concret résout-elle, là où le mobile money répond déjà à une grande partie des besoins ? Tant que la réponse n’est pas claire, la plupart avanceront prudemment. Pour situer ce débat dans l’ensemble, voir notre guide sur la fintech et les paiements mobiles en Afrique.

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